Vaccins Covid-19 : Les questions en suspens…

2 Déc, 2020

Vaccins Covid-19 : Les questions en suspens…

Le Royaume-Uni est le premier pays à approuver l’utilisation massive d’un des vaccins les plus avancés, celui de l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech. L’Agence européenne du médicament (EMA) doit se prononcer le 29 décembre « au plus tard » sur le vaccin Pfizer/BioNTech et d’ici au 12 janvier sur celui de son concurrent américain Moderna. L’Agence américaine du médicament (FDA) étudie les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna. En cas de feu vert, les deux vaccins pourraient être disponibles dès ce mois-ci aux Etats-Unis. En Russie, le président Vladimir Poutine a demandé mercredi aux autorités sanitaires de commencer dès la fin de la semaine prochaine les vaccinations « à grande échelle » avec le vaccin national, baptisé Spoutnik V. Enfin, les autorités chinoises ont déjà donné leur feu vert à une utilisation d’urgence de certains de leurs vaccins. Ces délais ont été rendus possibles par une accélération tous azimuts des procédures de recherche, de production industrielle et d’évaluation, appuyée par des financements colossaux. Le développement et la mise sur le marché d’un nouveau vaccin prennent d’habitude dix ans en moyenne. L’EMA insiste cependant sur le fait que « les mêmes standards réglementaires élevés de qualité, de sécurité et d’efficacité sont appliqués aux vaccins contre le Covid-19 » qu’aux autres. Quatre fabricants ont annoncé (par communiqué de presse, sans publication scientifique détaillée) que leur vaccin était efficace: Pfizer/BioNTech, Moderna, l’alliance britannique AstraZeneca/Université d’Oxford et les Russes de l’institut d’Etat Gamaleïa. Pfizer/BioNTech se prévaut d’une efficacité de 95%, pour Moderna 94,1%, pour le Spoutnik V russe 91,4% et pour AstraZeneca/Oxford: 70%. Le vaccin AstraZeneca/Oxford est le moins cher (environ 2,50 euros la dose). Ceux de Moderna et de Pfizer/BioNTech nécessitent un stockage à très basse température (-20° Celsius pour le premier, -70°C pour le second). La question la plus importante est celle de l’efficacité de ces vaccins à long terme, puisque les chiffres ont été calculés une à deux semaines seulement après la dernière injection. De plus, on ignore si l’action de ces vaccins est identique chez les populations les plus à risque, à commencer par les personnes âgées, dont le système immunitaire est moins efficace.Il reste aussi à savoir si ces vaccins font barrage à la transmission du virus, en plus de réduire la sévérité de la maladie chez ceux qui les ont reçus. C’est un point essentiel pour stopper la pandémie. Enfin, si les essais n’ont révélé aucun effet secondaire important, un « suivi continu » est nécessaire pour s’assurer « qu’il n’y ait pas des effets indésirables rares mais plus sérieux dans une utilisation à large échelle« , souligne la Dr Ward.